La Maison Annick Goutal

Annick Goutal
Annick Goutal


C’est l’histoire d’une femme au destin et au parcours exceptionnels. Une femme visionnaire et possédant un don olfactif unique.

Annick avec ses frère et sœurs
Annick avec ses frère et sœurs


Annick Goutal naît en 1945 à Aix en Provence dans le sud de la France. Elle est la 3ème fille d’une famille de 8 enfants.

Annick Goutal, musicienne
Annick Goutal, musicienne

Son père tient une confiserie de renom à Paris et Annick l’aide régulièrement à remplir et enrubanner des ballotins de bonbons et de chocolats. Annick ne le sait pas encore mais ces longues heures passées dans l’arrière-boutique lui serviront pour créer le style de ses flacons.

Son père est aussi un passionné d’art et de musique. Perfectionniste, il place ses plus grands espoirs en Annick. « Tu seras une grande pianiste ! » lui dit-il. Annick commence alors à étudier le piano pendant de longues heures dès l’âge de 6 ans. En 1961, à l’âge de 16 ans, elle remporte le 1er prix de piano du prestigieux Conservatoire de Versailles.

Mais Annick a envie de liberté. Un esprit de rébellion l’anime : elle décide de partir pour Londres pour devenir jeune fille au pair.

Annick est une femme ravissante, élancée... Sa magnifique beauté ne tarde pas à la faire remarquer par un ami de la famille pour laquelle elle travaille, un photographe de renom : David Bailey. Il aide Annick à se lancer dans le mannequinat et très rapidement elle fait le tour du monde et connait un véritable succès.

Mais un jour, dans un hôtel londonien, elle se retrouve face à un piano et une vague de nostalgie l’envahit. Elle s’assied au piano et commence à jouer une ballade de Chopin… Chaque note qu’elle joue lui fait douter de son avenir. Elevée à l’école de l’autorité et de la perfection, comment aurait-elle pu accepter une vie qui se gagne sans effort ?

Annick Goutal, top model
Annick Goutal, top model
L'appartement d'Annick Goutal et ses meubles chinés
L'appartement d'Annick Goutal et ses meubles chinés

Elle décide de rompre sa carrière de mannequin et rentre à Paris. Passionnée par les objets d’art et d’antiquité et chineuse active, Annick décide d’ouvrir une boutique de meubles anciens à Paris qu’elle appelle « Folavril », du nom d’un personnage féminin du roman « L’Herbe Rouge » de Boris Vian. A la même époque, elle rencontre un antiquaire. De cette relation naît Camille en 1975.

Deux ans plus tard, Annick Goutal tombe malade, elle abandonne alors sa boutique.

En 1977, un nouveau chapitre de vie s’ouvre alors à elle. Une de ses très bonnes amies, Micheline, lui propose de s’associer à elle pour monter une petite affaire de produits de beauté. Elle vient tout juste d’acheter des formules extraordinaires de crèmes aux plantes, à deux sœurs Suisses. Annick accepte avec enthousiasme. Elle réalise alors très vite que deux aspects majeurs des produits doivent être améliorés : l’emballage des crèmes et leur parfum.

Avec son grand sens esthétique et ses années d’entrainement à envelopper de cellophane bonbons et chocolats, Annick imagine un conditionnement raffiné pour ses pots de crème, habillés de nœuds et d’étiquettes élégamment calligraphiées à la main, comme l’étaient les ballotins de la confiserie paternelle. Les doigts ont de la mémoire...

La première ligne de soin
La première ligne de soin
Annick Goutal, la révélation d'une vocation
Annick Goutal, la révélation d'une vocation

Reste à présent le parfum des crèmes à créer. Annick se rend à Grasse et frappe aux portes des plus grandes firmes spécialisées dans la formulation de parfum. La plupart la reçoivent avec bienveillance mais lui font comprendre qu’on ne peut innocemment entrer dans le cercle fermé de la parfumerie. Une rencontre à Grasse va pourtant bouleverser la vie d’Annick à tout jamais, celle du parfumeur Henri Sorsana de la Maison Robertet.

Pour Annick, c’est une révélation. Elle se découvre un véritable don pour la création de parfums et une vocation : elle deviendra parfumeur. Elle apprend passionnément pendant quatre ans le métier de parfumeur : les matières premières, les formules, le vocabulaire. Annick redécouvre le langage musical qu’elle avait abandonné, transposé en olfaction, avec les mêmes mots : note, touche, orgue, harmonie, gamme : le parfum et la musique parlent le même langage.

Annick a trouvé sa vocation et bientôt aussi l’amour de sa vie. Au hasard d’un dîner, elle retrouve son amour d’adolescence, Alain Meunier, rencontré vingt ans plus tôt au conservatoire de musique. Il est devenu un célèbre violoncelliste. Ils ne se quitteront plus. Annick Goutal compose et aime entendre son mari qui répète un prochain concert. La musique et le parfum s’allient si facilement...

L’appartement d’Annick Goutal, entre parfum et musique...
L’appartement d’Annick Goutal, entre parfum et musique
Boutique Rue de Bellechasse, Paris 7ème, en 1981
Boutique Rue de Bellechasse, Paris 7ème, en 1981

Après avoir vendu ses produits de soin pendant quelque temps en réunions à domicile, Annick ouvre, en décembre 1980, non loin de Bonpoint, Maison créée par ses soeurs, sa toute première boutique, une ancienne librairie, rue de Bellechasse, dans le 7ème arrondissement de Paris. Un lieu enchanteur à l’atmosphère intime et raffinée. Sa toute première création olfactive s’appelle « Folavril ». C’était le nom de sa boutique d’antiquité. Un parfum qui capture l’attrait savoureux de la feuille de tomate, celui qui aura été le parfum de ses toutes premières crèmes.

1981 marque un tournant pour la Maison avec la création de son parfum mythique « Eau d’Hadrien », une eau fraîche et hespéridée, mixte, hors du temps et des modes. Avec beaucoup de patience et de passion, Annick pèse ses formules, choisit ses matières premières avec le plus grand soin, teste la tenue de tous ses essais...

Bureau d’Annick Goutal dans son appartement
Bureau d’Annick Goutal dans son appartement
Annick Goutal devant son Orgue à Parfums
Annick Goutal devant son Orgue à Parfums

Au fil du temps, la Maison Annick Goutal rejoint les grands noms de la Haute Parfumerie Française. En 1986, le nez d’Annick est reconnu comme l’un des plus fins et lui vaut d’être consacré officiellement par une distinction prestigieuse : le Prix de l’Excellence Européenne, prix décerné chaque année à une personnalité dont l’activité professionnelle faite de raffinement, de créativité et d’esthétique contribue au rayonnement de la tradition européenne dans le monde. Le succès de la Maison est spectaculaire aussi bien en France qu’à l’étranger. En particulier aux Etats-Unis où elle se classe dans les années 1990 dans le Top 5, auprès d’enseignes de distribution spécialisées telles que Saks ou Neiman Marcus, notamment grâce à l’attrait des américaines pour l’Eau d’Hadrien et Gardénia Passion.

Une bataille juridique permet également d’élargir la notoriété d’Annick Goutal aux Etats-Unis. Elizabeth Taylor, propriétaire du parfum « Elizabeth Taylor’s Passion » engage un procès contre « Passion » d’Annick Goutal. Contre toute attente, Annick obtient gain de cause et gagne le procès. Le parfum d’Elizabeth Taylor est interdit dans certains magasins haut de gamme.

A partir de 1996, une seconde vague de créations vient conforter l’irrésistible ascension d’Annick Goutal : Grand Amour, Eau du Sud, Petite Chérie, Ce Soir ou Jamais, mais également des parfums d’ambiance comme Noël viennent compléter l’univers de la Maison.

Annick Goutal, une femme passionnée
Annick Goutal, une femme passionnée
Annick Goutal et sa fille Camille
Annick Goutal et sa fille Camille

Après une longue bataille contre le cancer, Annick s’éteint à l’âge de 53 ans en 1999. Celle que l’on surnommait « l’artiste des odeurs », était une femme fascinante, guidée par ses émotions, passionnée, exigeante et généreuse.

Camille Goutal
Camille Goutal

Elle laisse derrière elle un héritage d’une vingtaine de parfums inoubliables, et son amour du parfum qu’elle transmet à sa fille Camille et à sa collaboratrice, depuis 1986, Isabelle Doyen. Elles sont désormais parfumeurs de la Maison et artisans des nouvelles créations.

Isabelle Doyen et Camille Goutal
Isabelle Doyen et Camille Goutal

Toutes deux partagent cet amour des matières nobles, si cher à Annick Goutal. Elles composent à quatre mains, dans un grand vent de liberté, en quête de voyages inexplorés, perpétuant ainsi l’esprit de la Maison et ses valeurs premières, qui ont pour nom : Authenticité, Emotion, Excellence, Art de Vivre.

Aujourd’hui, Annick Goutal est l’une des rares Maison de Haute Parfumerie à avoir intégré ses propres parfumeurs.
La Maison appartient aujourd’hui à Amore Pacific, un groupe coréen, leader dans le secteur de la cosmétique.